Localisation de l'Aisne au Nord

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Points d'intérêts 5

En effet, si aujourd’hui les alentours de la maison natale du général semblent respirer un calme aisé, il n’en était rien alors et autour de la maison régnait une grande agitation, fruit d’une véritable mixité sociale dans ce quartier où les usines côtoyaient les estaminets, les courées et les maisons bourgeoises.

Sur les pas du Général de Gaulle

entre l’Aisne, le Pas-de-Calais et le Nord

La famille maternelle de Charles de Gaulle appartient à cette bourgeoisie lilloise de patrons d’usine très catholique – sa mère va à la messe tous les matins à 7 heures à l’église Saint-André – qui a donné un écho important à la doctrine sociale de l’Église en faveur des plus démunis. Son grand-oncle, Charles Kolb-Bernard, député puis sénateur de Lille, créateur du Collège de Marcq et de l’oeuvre de la cathédrale Notre-Dame de la Treille était le fondateur de la conférence Saint Vincent de Paul de Lille dont le règlement écrit de sa main marquait ses ambitions sociales et charitables : Chez les Maillot, on vit cette conscience sociale, Marie-Agnès la soeur du général se rappelle cette anecdote de la vie rue Princesse à Lille : Nous n’étions pas gâtés ! Je me souviens que l’on coupait les poires et les oranges en deux « il faut qu’il en reste pour la cuisine »
répétait ma mère chaque fois que nous voulions reprendre d’un plat. Elle pensait toujours à la cuisine, au personnel. C’était chez elle un véritable souci.

Cette fibre sociale va se développer chez le jeune Charles de Gaulle lors de son service au 33ème RI d’Arras où il côtoie des hommes de tous milieux sociaux et où il va être amené à prendre conscience lors d’opérations de maintien de l’ordre de la difficile condition ouvrière notamment dans le Bassin Minier
qui sera l’élément emblématique de sa politique sociale de l’après-guerre.
Plus tard, sous-lieutenant au même régiment, il assiste à sa première grève des mineurs à Lens.
Je fus extrêmement frappé, raconte-t-il, par cette scène. Les femmes des mineurs étaient là, les visages étaient tristes […]. Cela […] signifiait une grève longue, c’est-à-dire plus de pain à la maison, c’est-à-dire la misère…

Un de ses grands combats politique fut la Participation ouvrière à l’entreprise. Si l’Association capital-travail est un thème fort du catholicisme social, il n’est pas interdit d’y voir l’influence de la région sur le général, notamment celle de l’expérience du Familistère de Guise qui faisait rentrer certains ouvriers dans le capital de l’entreprise.

Voilà, proclame de Gaulle homme d’état, la grande réforme qu’il faut proclamer, organiser, mettre en pratique. Il déclare plus tard en 1950 c’est bien la question sociale, toujours posée, jamais résolue, qui est a l’origine des grandes secousses que l’Univers a subies depuis trente-cinq ans. Après la Libération, il veut promouvoir un nouvel ordre
social qu’il appelle la démocratie sociale. À Lille le 1er octobre 1944 il proclame : Nous avons bien souffert, nous avons bien été humiliés. Nous allons montrer au monde entier, nous allons montrer à nous-mêmes que cette souffrance et cette humiliation nous ne les avons pas éprouvées pour rien.
La Libération c’est aussi le constat d’une France éprouvée par la guerre, les logements dévastés, l’industrie presque à l’arrêt et la condition ouvrière pire encore qu’avant-guerre. Aussi, à la tête du Gouvernement Provisoire se lance-t-il dès 1944 dans un combat acharné pour rétablir la production et à travers cela le niveau de vie des Français, et c’est encore une fois dans le Nord qu’il vient chercher l’impulsion emblématique de sa politique.

Il lance en effet en 1944, la Bataille du charbon dans le Bassin minier pour mettre fin aux pénuries énergétiques que connaît la France.
À Béthune, le 11 août 1945 devant 30 000 personnes il se montre enthousiaste : Nous avons aujourd’hui 75% de notre production de charbon de 1939, bientôt ce sera 100% et d’avantage. On annonce comme objectif d’atteindre 100
000 tonnes de charbon par jour. En juin 1946, Auguste Lecoeur, maire de Lens et sous-secrétaire d’État au charbon promulgue le statut du mineur, qui garantit à ceux-ci de
meilleurs salaires, un logement à vie, une sécurité sociale de qualité et certains autres avantages. À l’exemple du Bassin minier une véritable course à la production s’empare de la France et de Gaulle écrit : à partir d’à présent, ce ne sont
plus seulement nos facilités d’existence, notre niveau de vie, mais bel et bien notre valeur et notre figure dans le monde qui dépendent de notre production. Hier, il n’y avait pas de devoir national qui l’emportât sur celui de combattre.
Aujourd’hui, il n’y en a pas qui l’emporte sur celui de produire.

J’ai été impressionné par les progrès qui ont été réalisés ici dans l’exploitation, dans les conditions de travail. La première fois de ma vie où je suis descendu dans une mine, c’était il y a 45 ans.
C’était à Liévin, et vraiment le chemin qui a été parcouru pendant ces années-là au point de vue du rendement, au point de vue de la modernisation est quelque chose d’absolument saisissant !

En voyage à Douai le 26 septembre 1959 devant un impressionnant parterre de mineurs coiffés de leur casque blanc, il félicite les acteurs de la réussite économique de la France, en particulier à Douai.

La veille, il avait visité la fosse d’Haillicourt et sous les applaudissements des mineurs il avait endossé la tenue des mineurs de fond et était descendu au fond de la mine pour après déclarer :

Plus tard, lorsqu’il revint dans le nord, pour inaugurer la 41ème foire de Lille en 1966 il ne manqua pas d’insister sur l’importance de la transformation des houillères et sur celle de l’implantation d’entreprises de diversification dans la région, ainsi que sur la crise du logement.

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